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Ezékiel 47 : Le fleuve de Dieu

Jésus dit "celui qui croit en moi, des fleuves d'eau vive couleront de lui". L'Evangile nous explique qu'il s'agit d'une image de l'Esprit de Dieu (Jn 7:37-39). Il étanche notre soif et coule vers d'autres. Ezékiel 47 retranscrit une vision bien connue du fleuve de Dieu, vision reprise en Apocalypse 22. Cette vision peut nous aider à comprendre quelques aspects de la vie de Dieu et comment elle agit en nous.

Le fleuve coule du trône de Dieu

Le psalmiste le rappelle "auprès de toi est la source de la vie". Cela paraît évident, mais il nous arrive de nous tromper en identifiant la source. Nous attribuons facilement aux hommes ou aux lieux ce qui revient à Dieu (Jacob; Naaman; Paul et Barnabas pris pour des dieux; 1 Cor 1:13). Mais toutes nos sources sont en Dieu (Ps 87:7). Seul Dieu peut satisfaire et seul Dieu peut donner la vie.

Le fleuve n'a pas de tributaire

Dieu suffit à lui-même. Il est une fontaine qui coule et qui se renouvelle sans cesse. La tendance de notre époque c'est de prendre un peu de chaque religion et d'en faire à sa sauce en se disant que "tous les chemins mènent à Rome" ou "chacun sa route, chacun son chemin" mais la vision ici dit tout le contraire: c'est un chemin qui s'étend à tous et non pas le contraire. En Jérémie 2:13 Dieu reproche un double péché à son peuple: de l'avoir délaissé, lui la source; et d'avoir voulu se creuser d'autres sources, d'autres citernes qui, comble de malheur, ne retiennent pas l'eau.

Le fleuve s'approfondit

Nous sommes bien dans la dimension du Royaume de Dieu: un fleuve qui s'élargit et qui s'approfondit tout au long de son parcours sans pour autant qu'il y ait de tributaire. C'est le miracle de la vie de Dieu (cf l'huile de la veuve avec Elisée).
Cela montre la souveraineté et la toute-puissance de Dieu. Rien ne peut l'arrêter.
Cela nous met aussi face à l'évidence que nous ne pouvons pas tout comprendre de Dieu, il est au-delà des "lois" naturelles et au-dessus de nos raisonnements.
Cela nous parle également du fait qu'au fur et à mesure qu'on avance avec Dieu, il y a encore davantage de profondeurs à découvrir. S'il est encourageant de penser que nous ne lasserons jamais de creuser notre relation avec Dieu, c'est aussi solennel de penser qu'il pourrait y avoir des profondeurs bien mystérieuses. Que voulait dire Paul lorsqu'il parlait de vouloir connaître "la communion de ses souffrances"?
Cela nous parle enfin des limites à notre maîtrise de la situation. L'ange à conduit Ezékiel jusqu'à ce qu'il n'aie plus pied. Il n'est pas du tout interdit de vouloir comprendre Dieu et ses voies, c'est même commandé (ne devons-nous pas l'aimer de toute notre intelligence?) mais tant que nous ne sommes pas venus au bout de nous-mêmes dans notre relation avec Dieu il nous manque quelque chose dans notre marche avec lui. C'est la différence entre celui qui garde le pied sur le fond du bassin et celui qui nage. La partie difficile, c'est de faire confiance à Dieu de façon absolue, de ne pas avoir de plan de rechange. La contrepartie, c'est de pouvoir "flotter": le laisser porter le poids de notre humanité et de notre faiblesse, notre péché.

Le fleuve coule vers les nations

Dans la vision le fleuve se jette dans la mer, symbole répété des nations de la terre dans la Bible. Au-delà du rétablissement d'une relation personnelle avec des individus, le coeur de Dieu c'est de voir son Esprit avoir un impact sur le monde dans toute sa diversité (v10,12) et toute son étendue (v10). (C'est la vision du Royaume de Dieu). Notre relation personnelle avec Dieu est certainement incontournable et importante, mais notre vie chrétienne restera étriquée tant que nous ne saisissons pas la dimension du coeur de Dieu pour les nations.

Le fleuve ne fait pas abstraction du mal

Si cette vision est idéalisée, elle n'est pas idéaliste pour autant. On lit avec étonnement qu'il y a des endroits qui "ne seront pas assainis" (v11), même que ces endroits ont un but (la provision du sel). Le problème du mal est au-delà de nos moyens de réflexion, mais nous pouvons au moins constater que Dieu n'est pas dans le déni par rapport au mal et que d'une façon que nous ne pouvons pas comprendre, le mal ne s'échappe pas au plan souverain de Dieu, même il est amené à servir à quelque chose.
On lit aussi que le fleuve permet à des arbres de pousser dont les feuilles servent à la guérison. Qui dit guérison dit blessure, maladie. Le fleuve de Dieu n'est pas un palliatif, il ne fait pas semblant que la douleur n'existe pas. Dans cette vision il y a la perspective de restauration et de guérison - non pas instantanée, apparemment, mais parfois sur une période de mois voire plus. Cela implique aussi de reconnaître humblement que nous en avons besoin.

Le fleuve coule toujours

En Genèse 26 il est question d'Isaac qui cherche les puits creusés par son père Abraham. Certains de ces puits ont été bouchés par ses adversaires, et quand il en creuse d'autres ceux-ci sont bouchés à leur tour, avant qu'il arrive enfin à en creuser un qui n'est pas attaqué. Les moments où les puits ont été bouchés ont dû être extrêmement difficiles à vivre pour Isaac et son entourage. Mais la réalité c'est que l'eau était toujours là en-dessous. Parfois la vision du fleuve de Dieu peut paraître très loin de notre expérience actuelle - mais la réalité plus profonde c'est qu'il coule toujours.
Demandons à Dieu de nous aider à tenir dans les temps de puits bouchés en lui faisant confiance qu'il nous conduira encore à des lieux où nous pouvons connaître la plénitude du fleuve de son Esprit.

21 novembre 2004

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